Témoignage Bastien

MALVOYANT

BASTIEN

En quelle année est-tu ? Quel est ton métier de rêve ?

J’étudie les sciences politiques et je suis en 3e année de Bachelier. Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard, peut-être travailler dans une ONG.

De quelle situation de handicap souffres-tu ?

Je suis mal-voyant.

Quelles difficultés rencontres-tu dans tes études?

C’est assez évident : j’ai des difficultés à me rendre seul à l’université, pour me déplacer d’un local à l’autre, je ne vois pas le professeur ni les autres élèves, et encore moins les cours. Evidemment je ne peux pas non plus passer un examen écrit.

Bénéficies-tu d’un PAI ? Comment la demande s’est-elle passée ?

Oui, je bénéficie d’un PAI depuis ma première année d’étude. Evidemment, je m’étais renseigné bien à l’avance sur l’aide qui existait pour pouvoir faire mes études dans mon établissement. Cette demande s’est bien passée, j’ai pu m’entretenir avec une dame afin de voir quelles étaient mes difficultés, quels étaient mes besoins. Puisque je m’y suis pris très tôt (deux-trois mois avant la rentrée de septembre), tout était prêt pour m’accueillir.

Comment as-tu connu ces possibilités ?

Je me suis moi-même renseigné auprès de mon université avant même de m’inscrire pour savoir si une personne mal-voyante pouvait venir faire ses études là-bas. C’était évidemment pour moi la condition sine-qua-non pour entreprendre mes études supérieures : pouvoir disposer d’un accompagnement. Autrement, il est évident que cela aurait été le parcours du combattant pour moi.

Dans quelle mesure ton PAI t’aide-t-il dans tes études ?

Mon PAI m’aide au quotidien évidemment : Par exemple, j’ai une personne qui m’aide à me déplacer entre deux auditoires (et de manière générale, tous les autres étudiants sont toujours là pour me rendre un service), je dispose d’un ordinateur doté d’un programme qui peut lire les fichiers informatiques, et mes examens sont aménagés différemment : parfois, ils sont sous forme d’examen oral, soit, parfois, un assistant est à mes cotés pour lire l’examen et écrire les réponses que je lui donne. Ce sont toutes ces choses qui font que je peux réussir et mener mes études.

Quel est le regard de ton entourage académique sur ton handicap (amis de cours, professeurs) ?

Les étudiants sont tous formidables avec moi. Ils sont tous prêts à m’aider à me déplacer, à m’envoyer des notes, et je trouve cela formidable. Les professeurs sont tout autant compréhensifs et globalement prêts à m’aider au besoin. Néanmoins, je n’ai pas besoin d’un traitement de faveur par rapport aux autres étudiants : je suis comme eux !

TDA

EMILE

En quantième année es-tu ? Quel est ton métier de rêve ?

Je suis en deuxième année de communication en Université. Mon rêve serait d’être journaliste.

De quelle situation de handicap souffres-tu ?

J’ai été diagnostiqué TDA (trouble de l’attention) il y a 4-5 ans, lorsque j’étais encore en secondaire. En d’autres termes, je suis très distrait et désorganisé. Comme tout le monde, me diriez-vous. Mais pourtant c’est vraiment très compliqué dans ma vie quotidienne et surtout pour mes études.

Quelles difficultés rencontres-tu dans ton quotidien et dans tes études?

Dans mon quotidien, ce n’est pas un gros problème, mise à part que je suis très dispersé et que je termine rarement ce que j’entreprends. Je suis éparpillé, ce qui fait que je peux oublier mon diner qui cuit, oublier de mettre de l’eau dans mes pates, et un million d’autre petites choses. Mais c’est vraiment au niveau de mes études que j’ai le plus de problèmes.  A l’école, et encore ici dans mes études, j’ai des difficultés à rester concentré, à écouter le professeur. Mais je veux dire, même quand le cours est intéressant ! C’est plus fort que moi, je divague très vite. En travaux de groupes, j’ai l’impression d’être inutile et de retarder le groupe. C’est le cas en cours, mais évidemment aussi lorsque je dois me mettre à l’étudier. En blocus, c’est horrible, je peux passer 10 heures sur les 5 mêmes pages. De plus, je suis très, très désorganisé et j’ai du mal à savoir par où commencer. Du coup, j’y arrive mais je dois mettre les bouchées doubles, je travaille comme un acharné pour réussir mes examens.

Bénéficies-tu d’un PAI ? Comment la demande s’est-elle passée ?

Je n’ai pas encore bénéficié d’un PAI car je n’y avais même pas réfléchi. Pour moi, les études c’était chacun pour soi et tant pis si tu as des problèmes. C’est via des contacts qu’on m’en a parlé. Vous savez, c’est assez difficile pour moi et j’ai peur d’être mis dans une case si je bénéficie d’aide. J’ai peur que les professeurs (et les autres étudiants) me jugent si je demande d’avoir un temps supplémentaire pour passer mon examen, ou si je demande au professeur de répéter, ou de m’aider, alors que tout le monde semble avoir compris. Plus jeune, les autres enfants n’ont pas toujours été tendres avec moi, et aujourd’hui j’ai peur de revivre cela. Néanmoins, après avoir discuté avec d’autres étudiants au sujet des aides existantes, je me dis que ça pourrait néanmoins vraiment m’aider. La seule chose qui me bloque, c’est le regard des autres.

Quel est le regard de votre entourage académique sur votre handicap (amis de cours, professeurs) ?

Mes amis connaissent généralement mon trouble qui est finalement facile à détecter lorsque l’on me connait bien. Aux cours, ils sont assez compréhensifs et m’aident beaucoup (pour m’envoyer leurs prises de notes, pour m’expliquer…). J’ai beaucoup de chance de ce côté-là. Au niveau des professeurs, je suis en grand auditoire donc ils ne me connaissent pas et ne connaissent pas mon trouble. Néanmoins, lors de mes études secondaire, j’ai eu des professeurs ne comprenant pas mon handicap et me jugeant simplement comme un élève « fénéant » et « un peu bête ». J’en ai beaucoup souffert et je n’ai pas envie de cela se représente lors de mes études supérieures.